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Les élèves de 7ième professionnelle GTPE à la cour d’Assises de Liège ….

Publié le 06/06/2012

Le 26 avril 2012, nous nous sommes rendus au Palais de Justice de Liège pour assister au procès de Daniel Barthélemy. Ce Hutois de 65 ans comparaissait devant la cour d’Assises pour avoir étranglé, avec une cravate, son épouse Nicole Charpentier (61 ans) en juillet 2009.

Dès 9 heures, le Président de la cour a donné la parole aux deux avocats des parties civiles. Maître Wilmotte a plaidé la thèse de l’assassinat, sans pour autant réclamer une peine de prison supplémentaire. Il a démontré aux jurés que d’une part, l’accusé avait bien eu l’intention de tuer sa femme en resserrant la cravate alors même qu’elle s’était déchirée et que, d’autre part, il avait pensé la tuer avant de passer à l’action vu ses déplacements dans l’appartement et la durée des évènements. Ensuite, il a clairement réfuté l’excuse de provocation ainsi que l’excuse de la   contrainte irrépressible  , alléguant que Mr Barthélemy était, selon les experts, en pleine possession de ses moyens au moment fatidique. Quand Maître Gilissen a pris la parole, il a évoqué différents témoignages et a demandé aux jurés de reconnaitre la culpabilité de Daniel Barthélemy pour éviter toute  «banalisation»  de son acte criminel.

Après une interruption, l’avocat général, Maître David, s’est exprimé au nom de la société. Il a soutenu la thèse de meurtre mais  avec excuse de provocation . Il a répété les nombreuses violences morales que Nicole Charpentier, alcoolique notoire, infligeait à son mari depuis plusieurs années au point que celui-ci avait préparé un anneau à la cave pour s’y pendre. Le substitut du procureur a aussi rappelé les faits qui s’ étaient produits dans les 48 heures précédant le crime : crises d’alcoolisme, nombreuses insultes, comportement humiliant et provoquant de l’épouse qui avait ramené deux hommes au domicile conjugal.

Après-midi, Maître Charpentier a pris la défense de l’accusé et a réclamé l’acquittement. A son tour, il a expliqué comment Daniel Barthélemy, un homme très calme et sans problème, avait été dominé et régulièrement insulté par sa femme alcoolique, ajoutant que, dans les dernières 48 heures, la situation s’était aggravée. A grands renforts d’arguments, l’avocat a ainsi démontré que son client avait été excédé par une série d’actes malveillants à tel point qu’une force irrépressible l’avait submergé et poussé à commettre l’irréparable. A la suite de son plaidoyer, le président de la cour a clôturé l’audience en annonçant que les délibérations du jury auraient lieu dès le lendemain matin.

Le 27 avril, les médias nous apprenaient que Daniel Barthélemy était reconnu coupable de meurtre et condamné à une peine de 4 ans de prison, avec sursis pour le surplus de la détention préventive. Il sortait donc libre du tribunal.

C’était la première fois que nous assistions « en direct » à un procès et cette réalité nous a fortement impressionnés. En effet, il ne s’agissait pas de suivre une fiction telle qu’on les voit à la télévision mais bien de vivre le procès de l’homme assis devant nous et jugé pour homicide ! En constatant que tous les membres du jury écoutaient très attentivement les réquisitoires et les plaidoiries, nous avons compris qu’ils assumaient une fameuse responsabilité : celle de décider de la culpabilité ou non de Daniel Barthélemy. Signalons enfin que le respect de la hiérarchie entre les avocats et la Cour, leur tenue vestimentaire, le décor ancien et si imposant de la salle d’audience ont aussi marqué nos esprits de jeunes adultes et rendront cette expérience mémorable.

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Les élèves de 7 ième et Mme Leruth

 

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